Représentations genrées et raciales dans les séries animées françaises (2010-2020)

Alors que la décennie 2010 se clôt sur une évolution des diversités de représentation des plus notoires dans les productions animées japonaises et américaines, Les Intervalles se penche, via cette étude, sur leurs équivalences françaises, en dressant une analyse des représentations genrées et raciales, notamment chez les personnages principaux des séries d’animation produites depuis 2010.

Cette étude, réalisée entre 2018 et 2020, s’attache à analyser les diversités de représentations des personnages au sein des séries animées françaises à destination de la jeunesse. Les longs-métrages d’animation suivant une logique de production et de distribution différente, ne serait-ce que du fait de leur format, ainsi que les courts-métrages, prestations et commandes étrangères ne seront pas ici pris en compte.

Vous trouverez ci-dessous un PDF comprenant l’intégralité de l’enquête, dont une synthèse et des chiffres-clés.

5 commentaires sur « Représentations genrées et raciales dans les séries animées françaises (2010-2020) »

  1. Bonjour,

    J’ai peur de m’exprimer de façon maladroite (Je m’excuse d’avance), mais concernant la représentation des personnages en termes de couleurs de peau, le problème n’est-il pas surtout le lieu où se déroule l’action ?

    Par exemple, si on me dit de dessiner le personnage principal d’une série d’animation qui se passe en Angleterre, je penserais en premier lieu à un personnage blanc (sachant qu’il y a des personnes non-blanches résidant en Angleterre). Mais si on me disait que l’histoire se déroulait au Brésil, je dessinerais sans problème un personnage ayant le teint plus bronzé.

    Ce n’est que mon avis mais si on ne représente pas assez de pays étrangers, c’est peut-être parce que nous n’avons pas eu l’occasion de voyager et de bien connaître la culture, le peuple, nous avons sûrement peur de commettre des erreurs. Pour ma part, lorsque j’avais commencé un nouveau projet d’animation, j’hésitais à ce qu’il se passe en Inde ou en Birmanie, mais même en me focalisant sur un pays, je me suis sentie bloquée. Par exemple, peut-on évoquer la pauvreté dans une série pour enfants ? (Serait-ce vu comme une chose positive de parler de problème de société ou au contraire cela la rabaisse t-il à dire Inde=pauvreté ?). Si je n’évoque pas le problème du mariage forcé est-ce que ce serait mal vu « d’ignorer » un problème qui touche ce pays? Sachant qu’il est aussi mal vu de parler de ce genre de souci dans des séries pour enfants? (Les producteurs veulent souvent du magie-arc-en-ciel)

    Dans les artbook de Pixar, on apprend que les créateurs ont voyagé dans les pays concernés (Polynésie pour Moana, pays d’Asie du Sud-Est Raya) mais nous n’avons pas tous les moyens de voyager (et avec le coronavirus, c’est encore plus mal parti).

    Ces pays semblent si loin, ce n’est pas toujours facile de se renseigner. Je pense que ce manque de représentation vient sûrement d’une peur de « mal faire » et de véhiculer des stéréotypes envers des personnages à peine représentés.

    Désolé, j’ai l’impression de m’être un peu égarée…

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    1. Bonjour, beaucoup de sujets sont abordés dans votre commentaire. Je peux essayer d’y répondre autant que possible.
      – La France, comme l’Angleterre, est un pays multiculturel avec des personnes issues de l’immigration, ancienne ou récente. Penser le pays comme un pays de blancs revient à nier l’existence de toute une partie de sa population. Ce serait comme dire « il y a une majorité de personnes hétérosexuelles donc ignorons totalement l’existence des personnes qui ne le sont pas », avec en plus dans le cas de personnes racisées la négation du passé colonialiste de la France.
      – Représenter des régions du monde qui ne sont pas les nôtres est tout à fait possible, mais la moindre des choses est de se renseigner autant que faire se peut sur les lieux en question, et pas uniquement via la carte postale de l’agence de voyage du quartier, voire d’impliquer dans le développement du projet des personnes issues de ce pays ou culture.
      – Quand Pixar fait déplacer ses artistes, c’est la prod qui paye, pas les artistes en question, donc rien à voir avec vos moyens propres.
      – Il serait cependant justifié de se demander pourquoi vouloir une histoire dans tel ou tel pays ? Si c’est pour parler d’abus sur des enfants ou la pauvreté par exemple, cela existe aussi en France, pas besoin de prendre un pays éloigné pour aborder le sujet, surtout si on ne connaît pas celui-ci et qu’on risque de simplifier le problème sans connaître et comprendre le contexte local.
      – Les producteurs et diffuseurs sont assez frileux vis-à-vis de certains sujets perçus comme trop sérieux ou compliqués d’accès aux enfants, mais c’est à nous de leur montrer que ces thématiques, adaptées à l’audience, sont abordables. Et est-ce que le projet est nécessairement à destination d’enfants ? Le public peut se vouloir familial, adolescent voire adulte également.
      – Le manque de représentation ne vient clairement pas d’une peur de mal faire mais, comme expliqué dans l’étude, du fait que nous sommes un milieu de l’entre soi culturel et ethnique, où nous représentons ce que nous connaissons, avec en parallèle des biais de perceptions (notamment genrés et raciaux, mais pas uniquement). Ce n’est pas la crainte de mal représenter qui explique l’absence de diversité chez les personnages, mais le désintérêt de la plupart des productions à réfléchir à ces derniers au-delà de leur fonction d’outil, qui amène stéréotypes et raccourcis.

      J’espère avoir pu répondre à vos questions et vous souhaite une bonne journée.

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  2. Scoop : le racisme et les discriminations raciales ne sont pas l’apanage des US. Quant à la représentation de personnages musulmans, comment dire…vous pouvez me citer une seule série d’animation française qui en comporte parmi ses personnages principaux ? On parle ici donc non plus uniquement de représentations raciales mais religieuses. Or, il n’y a pas non plus de personnages catholiques, protestants ou juifs dans les séries analysées. Mais c’est sure que la thèse complotiste est plus attrayante et facile.

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  3. Parler d’intersectionnalité sans jamais, jamais, jamais dans ce PDF parler de la mère des intersectionnalités, à savoir les rapports de classes sociales, ça en fait un PDF idéologique purement libéral-totalitaire…
    Les rapports de richesse et de pauvreté (anim avec princes et princesses, anims avec enfants de prolos, etc.) brillent par leur absence, et on peut très largement soupçonner que la situation sociale de l’auteur est la même que celle des réalisateurs et producteurs : des petits bourgeois et petites bourgeoises qui souhaitent parler de tout sauf cette pauvreté, cachée dans les séries et même comme ici dans leur analyse, d’ailleurs absente de tous vos articles.
    A moins qu’un deuxième chapitre en parlera prochainement ?… C’est tout de même extrêmement étonnant de l’avoir oublié tant il est béant aujourd’hui, extrêmement étonnant…

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    1. Bonjour, si vous parvenez à déterminer la classe sociale de Molang et de tous les personnages de séries telles que Ollie et Moon, Gigantosaurus ou Kid Lucky, je suis preneuse. Quant à celle des réalisateur-ice-s et scénaristes des séries, ce n’est pas une donnée disponible dans celles collectées par Audiens, le CPNEF ou le CNC. Le seul élément dont il aurait potentiellement pu être question, si j’avais regardé l’intégralité des épisodes des quelques 200 séries analysées (soit quelques 10 000 épisodes, au doigt mouillé), c’est la discrimination / domination de classe par les personnages.

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