Le marché de l’animation 2020 – CNC

En plus du marché de l’animation, vous trouverez ci-dessous le rapport du CNC sur l’exportation des programmes audiovisuels français de 2020, dont animation.

Est-ce que l’industrie de l’animation, tant cinématographique que télévisuelle et SVOD, a souffert de la pandémie du point de vue de la production, distribution, diffusion ?
Comment évoluent les répartitions genrées des métiers dans les productions d’animation ?

Sur l’état de l’industrie, le CNC se veut globalement rassurant car l’animation est toujours, à l’heure actuelle, le programme audiovisuel français qui se vend et s’exporte le mieux et les volumes de productions sont restés stables. Cependant, il faut différencier le succès des ventes à celui de l’audience, puisque les meilleures des dernières touchent encore, pour les films d’animation, une majorité d’œuvres américaines, et pour les séries, des œuvres françaises courtes, chez Arte, qui ne représentent pas le gros de la production nationale. Exception faite pour Miraculous Ladybug qui a su se démarquer sur nos écrans.

Le rapport du CNC salue également « l’ambition et la diversité » des œuvres françaises d’animation. Creusons un peu. Quand il s’agit d’ambition, on parle surtout de la quantité d’heures produites, de l’implication croissante des coproducteurs étrangers et des préventes. Il n’est en réalité par vraiment question du contenu des programmes mais de leur succès économique national et international.

Pour la diversité, si on regarde un peu le détail récent, sur les 12 films d’animation (co)produits en 2020, on compte 4 réalisatrices pour 10 réalisateurs (parfois en duo sur un même film) et 2 seulement d’entre elles viennent d’une production française et non d’un coproducteur étranger. Leur devis sont également bien moins élevés que ceux de leurs confrères, avec une moyenne de 3,8 millions d’euros contre 5,2 millions chez les réalisateurs, voire 9,4 millions en incluant les trois plus coûteuses productions (de plus de 14 millions chacune). Le rapport précise par ailleurs qu’en 2020, le coût moyen des 7 films d’animation ayant obtenu l’agrément de production est de 6,4 millions d’euros et leur coût médian de 6 millions. La moyenne féminine reste donc bien plus basse.

Quant à la diversité derrière la caméra en 2020, ou plutôt derrière les tablettes, certains films n’ont pas encore partagé suffisamment d’information ou de visuels pour pouvoir en faire une analyse concluante. Pour les films les plus diffusées sur les chaînes gratuites du petit écran, on est en tout cas loin de la diversité annoncée, puisque ce sont majoritairement des rediffusions des indétrônables Astérix (6 films), Kirikou (2 films) et Tintin (2 films).

Pour ce qui touche aux séries, nous vous renvoyons à notre analyse des séries d’animation françaises produites entre 2010 et 2020. Il faut par ailleurs noter que 50% du volume horaire produit provient en 2020 de 6 entreprises, parmi lesquelles on trouve peu (voire pas) de réalisatrices : Method, Xilam, Zagtoon, Frogbox, Technicolor et Cyber Group.

En s’attardant sur la répartitions des emplois, on compte 37% de femmes chez les intermittent·e·s du spectacle dans l’animation en 2019, soit une augmentation depuis 2010 (28%), mais elles restent encore moins présentes sur les postes de cadre et elles sont majoritairement plus jeunes que leurs confrères (70,6% de moins de 35 ans contre 54,4% chez les hommes). Dans le détail, la répartition genrée des postes bouge peu : il n’y a qu’en distribution, gestion de production, fonction support, trace et colorisation que les femmes sont majoritaires, de par le contexte historique de l’industrie. On passe sous la barre des 37% du total à la modélisation, réalisation, compositing, animation, direction artistique, storyboard, TD et post-production (entres autres). Le pourcentage de répartition genrée augmente au final en faveur des femmes mais en parallèle de l’augmentation générale de la masse salariale. D’ailleurs, on peut se demander où Audiens et le CNC vont chercher les 35% de réalisatrices, parce qu’en série et en long-métrages, elles se comptent sur les doigts de la main.

Vous trouverez ci-dessous tous les détails dans le rapport du CNC de 2020, que vous pouvez également comparer avec celui de 2018 et avec le baromètre de la diversité dans l’audiovisuel français de 2019.

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