Harcèlement à l’EMCA et à la Human Academy, un secret de polichinelle qui dérape

Accusation de harcèlement à l’EMCA et à la Human Academy : les profs de jeux vidéo d’Angoulême règlent leurs comptes au tribunal. Derrière ce titre de Charente Libre terriblement aguicheur (lisible en bas de page) se cache surtout une attaque en diffamation d’un professeur accusé par ses élèves de harcèlement. Les étudiant·es s’étaient en amont plaint·es auprès de l’école du comportement inapproprié du professeur, sans que celle-ci ne réagisse à moins qu’une plainte ne soit déposée.

Cependant, face à l’absence de main courante ou de dépôt de plainte, c’est un lanceur d’alerte qui fait lui l’objet d’une plainte, suite à un post Facebook appelant à témoigner à ce sujet. Se tient alors un procès somme toute ridicule, puisque comme l’explique l’article, le harceleur n’est pas même nommé. S’il s’est donc reconnu dans l’appel à témoignage de son collègue, peut-être aurait-il été plus judicieux de ne pas sortir du bois.

L’absence de plainte des victimes présumées s’explique probablement par leur crainte d’un retour de bâton malheureusement courant dans le cas des plaintes pour violences sexistes. Il est d’ailleurs bon de rappeler deux faits : les femmes n’ont aucun intérêt à faire de faux-témoignages sur des cas de harcèlements et violence sexiste. Le système judiciaire ne leur donnant que peu raison et les procédures étant coûteuses, tant pour le porte-monnaie que pour la santé mentale des victimes, la plupart ne peuvent se permettre de se lancer dans une plainte, et potentiellement, un procès. Pourquoi potentiellement ? Parce qu’elles sont de base peu écoutées par la police, que les plaintes n’aboutissent pas et que nous avons à maintes reprises pu constater qu’en séparant l’homme de l’artiste, le milieu de la culture préférait prioriser les talents des dits artistes à la sécurité de leurs élèves et employées.

Non, cela ne détruit pas des vies, qu’il s’agisse de célébrités ou non. Par contre, cela peut pénaliser les plaignantes dans leurs recherches d’emploi futures, surtout dans de petits milieux professionnels comme l’animation, où tout le monde se connaît de près ou de loin. Et il est justement temps que ce soient les auteurs de violences sexistes qui pâtissent des conséquences de leurs actes, et non plus leurs victimes. En attendant, on continuera les posts Instagram et les alertes sous le manteau, pour se protéger.

Comme en 2021 suite au suicide d’un élève de LISAA harcelé par ses pairs, le RECA n’a à ce jour pas pris position, ni même posté de message lié à cette nouvelle affaire touchant pourtant une école de son réseau. Et la Human Academy continue d’employer le professeur.


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